Quand tu me caresses, je bave du pollen
2025
160 x 60 x 35 cm
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tuyaux en métal du père de l’artiste, tilleul, crochets, silicone, collier cœurs, piercing menottes, cire d’abeilles, pollen, peaux mortes, fil de pêche rouge, sous-vêtements en satin, sous-vêtements en dentelle, cuir brodé, fils de fer, coton, mousse polyuréthane, résine, LED, Plexiglas, bâtons acrylique, clous, vis et chevilles
Dans ce travail, je parle de l’image originelle du zombie en tant que victime de l’histoire coloniale, à l’inverse de l’image de menace qu’on lui donne dans les médias. Je l’illustre avec une combinaison sculpturale de récits dans lesquels l’émotion collective du Han* se mêle avec les temps du zombie, conjugués au passé, au présent et au futur, à travers une métaphore filée de gestes et d’actes. Les abeilles et les papillons sont ici des zombies migrants, qu’on a déplacés par la force, acteurs importants de l’écosystème qui vagabondent infiniment. Les illusions roses (la cire rose, le silicone, la lingerie en dentelle et les rubans) sont des anesthésiants, utilisés pour dissimuler les hurlements de ceux qui dominent et qui sont dominés par leur peau. Elles attirent le regard comme des coups de surligneurs roses, mettant en valeur la résonance d’un vide absurde.
*Han: concept coréen post-colonial qui désigne une forme d’émotion, principalement de chagrin ou de ressentiment, qui trouve son origine pendant l’occupation de la Corée par différents pays. On peut le définir par une émotion collective des citoyens colonisés sein de la colonie, ou encore de la femme face au système sexiste, une tristesse au sein de laquelle bouillonne un désir de signaler l’injustice et de se manifester. Le Han n’est pas qu’un sentiment, il a le potentiel de se transformer en fantôme, changer la réalité, changer la météo, ou se manifester avec violence.
