La baleine coule du bas vers le haut.
Elle a tendu son nez et s’est noyée sur la rive.
Encore et encore,
là-bas au fond.
Puis,
elle a pris appui pour expulser l’eau.

2025
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À travers les poissons rouges, je nous vois. Une créature de l’eau qui vit parmi le béton, là où ne survivent à peine que quelques rares touffes de nature. Son petit corps qui se tortille dans une nature artificielle dans l’artificiel dans la nature. Elle doit bien faire partie de quelque part. Pourtant elle va forcément être éloignée de quelque part. La baleine de la mer à la terre, puis retourne à la mer, elle a gardé la trace des os de ses jambes. Une vie de la mer qui n’est pas désespérée de ne pas avoir de branchies, comme elle a des poumons.

La poisson rouge se modifie et se modifie jusqu’à ce que son dos dessine un arc.

Elle est nous, stupide, oubliant la joie et la souffrance.
Elle est le cadavre et la vie fragile qu’on déversait dans les toilettes.
Son rêve de grand poisson flou.
Si elles se rassemblent en banc, deviendront-elles une baleine rouge.